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Carte scolaire 2026 : des centaines de classes fermées à la rentrée — la carte interactive par département

Publié le 21 Avril 2026 par Chroniques Cartographiques in Carte de France Enseignement

Carte scolaire 2026 : quels départements ferment le plus de classes à la rentrée de septembre ? Découvrez notre carte interactive et le bilan complet par département.

Chaque printemps, les directions académiques dévoilent leur carte scolaire pour la rentrée suivante. En 2026, ce rendez-vous annuel prend une ampleur particulière : la baisse démographique accélère, les budgets se contractent, et des centaines de classes vont fermer leurs portes en septembre dans toute la France métropolitaine. Nous avons compilé les données département par département pour vous proposer une carte interactive des fermetures de classes à la rentrée 2026.

Qu'est-ce que la carte scolaire ?

La carte scolaire est le document officiel qui organise, chaque année, la répartition des moyens humains dans les écoles publiques du premier degré (maternelle et élémentaire). Elle détermine combien de classes ouvriront, combien fermeront, et comment les postes d'enseignants seront distribués entre les établissements d'un département.

Ce processus suit un calendrier précis :

  • Janvier–février : le ministère attribue une dotation en postes à chaque académie lors du Comité social d'administration (CSA) académique.
  • Mars : les directions académiques (DASEN) présentent leurs projets aux syndicats lors des CSA départementaux (CSA-SD).
  • Avril : les mesures sont officiellement entérinées lors du Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN), instance réunissant le DASEN, le préfet, les élus et les représentants des parents d'élèves.
  • Juin : un groupe de travail peut procéder à des ajustements en fonction des inscriptions réelles.
Une baisse démographique qui s'accélère

Le moteur principal des fermetures de classes en 2026 est démographique. La France connaît une chute significative du nombre de naissances depuis plusieurs années, qui se répercute mécaniquement sur les effectifs scolaires du primaire.

À l'échelle nationale, on évoque 1,7 million d'élèves en moins prévu entre 2025 et 2035 selon les projections. Dans certains départements, les chiffres sont déjà très concrets : la Seine-Maritime perdrait 2 509 élèves à la rentrée 2026, la Haute-Garonne 2 600, la Haute-Savoie 537…

Cette réalité démographique contraint les rectorats à ajuster leurs moyens. Mais les syndicats d'enseignants, unanimement opposés aux cartes scolaires 2026, estiment que la baisse du nombre d'élèves aurait dû être l'occasion d'améliorer les conditions d'apprentissage — en réduisant la taille des classes — plutôt que de supprimer des postes.

La carte interactive : fermetures de classes 2026 par département

Cliquez sur la carte ci-dessous :

Carte des fermetures de classes à la rentrée 2026

 

Cliquez sur une bulle pour afficher le détail du département. Les bulles rouges indiquent des données confirmées par le CDEN ; les bleues des données provisoires issues des CSA-SD. La taille de chaque bulle est proportionnelle au nombre de fermetures.

Le bilan département par département

Voici les chiffres connus à ce jour pour les départements les plus touchés. Ces données sont issues des CSA-SD et des CDEN tenus entre mars et avril 2026. Des ajustements restent possibles lors des groupes de travail de juin.

Les départements les plus touchés

Haute-Garonne (31) — 193 fermeturesConfirmé Le CDEN du 17 avril 2026 a entériné 193 fermetures de classes pour 82 ouvertures, soit un solde net négatif de plus de 110 classes. La Mairie de Toulouse s'est abstenue lors du vote, jugeant les fermetures trop nombreuses. Le département devrait perdre au moins 2 600 élèves dans le premier degré à la rentrée 2026.

Gironde (33) — 151 fermetures ~ Provisoire Le syndicat SNUDI-FO parle d'une « véritable saignée » avec 151 fermetures de classes pour 58 ouvertures. Certaines circonscriptions comme Saint-André-de-Cubzac ou Gradignan concentrent jusqu'à 11 fermetures chacune.

Pas-de-Calais (62) — 127 fermetures ~ Provisoire Après une rentrée 2025 déjà marquée par 136 fermetures, le département subit une nouvelle vague. Les bassins de Lens, Liévin et Béthune sont particulièrement touchés, avec 33 fermetures dans le seul arrondissement de Lens pour 13 ouvertures.

Moselle (57) — 92 fermeturesConfirmé Suite au CSA-SD du 1er avril 2026, 92 classes ferment pour seulement 27 ouvertures, et 45 postes sont supprimés au total. Les communes de Boulay, Forbach, Metz, Thionville et Sarreguemines sont concernées.

Calvados (14) — 81 fermeturesConfirmé Le département doit rendre 30 postes au niveau national. La direction académique a choisi de fermer 81 classes et d'en ouvrir 28, ce qui laisse un différentiel de 23 postes réaffectés à d'autres missions (enseignement spécialisé, etc.).

Loire (42) — 77 fermeturesConfirmé Le CSA du 7 avril 2026 confirme 77 fermetures pour 22 ouvertures, malgré une forte mobilisation de la communauté éducative dans des communes comme Civens, Sorbiers et Saint-Étienne.

Ille-et-Vilaine (35) — 77 fermetures ~ Provisoire La Bretagne dans son ensemble est touchée par la baisse démographique. L'Ille-et-Vilaine concentre les chiffres les plus élevés de la région, avec des ajustements attendus en juin.

Seine-Maritime (76) — 61 fermetures ~ Provisoire 61 classes doivent fermer et 26 ouvrir en Seine-Maritime à la rentrée 2026. Une école ferme définitivement ses portes à Bénouville, dans le secteur de Montivilliers.

Eure (27) — 59 fermeturesConfirmé Le CDEN du 14 avril 2026 a entériné 59 fermetures (dont 10 dédoublements supprimés en éducation prioritaire) pour seulement 5 ouvertures. Plusieurs fermetures ont toutefois été annulées en dernière minute à Damville, Pont-Audemer, Dangu et Louviers.

Haute-Savoie (74) — 55 fermetures ~ Provisoire Malgré une baisse de seulement 537 élèves, la dotation diminue de 2,5 postes. Les syndicats dénoncent un taux d'encadrement déjà le plus bas de l'académie de Grenoble.

Gard (30) — 58 fermeturesConfirmé Le DASEN du Gard tire la sonnette d'alarme : le département perdra 9 000 élèves sur les 10 prochaines années. À la rentrée 2026, 1 200 élèves en moins se traduisent par 58 fermetures de classes pour 15 ouvertures.

Pourquoi les syndicats s'y opposent-ils unanimement ?

Un fait marquant de la carte scolaire 2026 : dans pratiquement tous les départements, l'ensemble des organisations syndicales a voté contre le projet présenté par les directions académiques. C'est le cas en Haute-Savoie, en Moselle, en Haute-Garonne, en Normandie et dans toute la Bretagne.

Leurs arguments convergent :

  • La baisse démographique aurait dû être une opportunité. Moins d'élèves = classes moins chargées, meilleur encadrement, plus de temps pour chaque enfant. Au lieu de cela, les postes supprimés annulent cet effet bénéfique.
  • Les territoires ruraux paient le prix fort. La fermeture d'une classe dans un village peut conduire à la fermeture totale de l'école, obligeant les familles à de longs trajets et fragilisant la cohésion sociale locale.
  • Le remplacement devient impossible. Dans de nombreux départements, les suppressions de postes aggravent la pénurie de remplaçants, laissant des classes sans enseignant pendant des jours.
  • Les seuils sont jugés arbitraires. Un seuil de fermeture fixé à 25,9 élèves/classe (comme en Haute-Savoie) ou 24 élèves (en REP pour CP/CE1) pousse à des décisions que les équipes éducatives vivent comme brutales.
Quel impact pour les communes rurales ?

La fermeture d'une classe n'est jamais un acte anodin pour une commune. En milieu rural, l'école est souvent le dernier service public de proximité. Sa dégradation peut déclencher un cercle vicieux : les familles hésitent à s'installer, la population diminue encore, ce qui entraîne de nouvelles fermetures.

Dans le Lot, plusieurs maires ont exprimé leur colère : certaines communes ont investi des centaines de milliers d'euros dans la rénovation de leurs écoles, pour se voir notifier une fermeture de classe quelques mois plus tard. À Gramat, l'école Clément Brouqui, rénovée pour plus de 2 millions d'euros, risque de perdre une classe à la rentrée 2026.

La Cour des comptes, dans un récent rapport, préconise une refonte globale du maillage scolaire territorial, avec la création de « cités scolaires » regroupant écoles, collèges et lycées sur un même site pour mutualiser les ressources sans désertifier les territoires.

Ce qui peut encore changer avant la rentrée

La carte scolaire n'est pas définitivement figée à l'issue du CDEN. Deux mécanismes permettent des ajustements :

  1. Les fermetures conditionnelles : certaines fermetures sont suspendues à un seuil d'inscriptions à atteindre avant la rentrée. Si une école retrouve suffisamment d'élèves, la classe peut être maintenue.
  2. Le groupe de travail de juin : dans la plupart des départements, une réunion est prévue en juin pour examiner les évolutions d'effectifs et, le cas échéant, revenir sur certaines décisions.

Les parents d'élèves et les maires peuvent donc encore agir : en favorisant les inscriptions, en mobilisant leur réseau, et en interpellant les élus locaux et les directions académiques.

Comment lire la carte scolaire de votre département ?

Pour connaître les fermetures et ouvertures de classes dans votre département, plusieurs ressources sont disponibles :

  • Le site de votre DSDEN (Direction des services départementaux de l'Éducation nationale), accessible depuis education.gouv.fr
  • Les pages des syndicats FSU-SNUipp, SE-UNSA et SNUDI-FO, qui publient les bilans détaillés par département avec la liste des écoles concernées
  • La presse régionale (France Bleu, France 3 régions, journaux locaux), souvent la source la plus réactive pour les informations locales
  • Les données ouvertes sur data.education.gouv.fr, qui recense les établissements fermés depuis 1978 dans la base RAMSESE
Conclusion

La carte scolaire 2026 dessine une France en transition démographique, où la baisse du nombre d'élèves oblige les pouvoirs publics à des choix difficiles. Les fermetures de classes touchent des territoires variés — des métropoles comme Toulouse et Bordeaux aux zones rurales de Normandie, de Bretagne ou du Massif central — et suscitent partout les mêmes inquiétudes chez les parents, les enseignants et les élus locaux.

Notre carte interactive vous permet de visualiser cette réalité d'un coup d'œil et de situer votre département dans cette dynamique nationale. Elle sera mise à jour au fil des CDEN et des ajustements de juin.


Sources : FSU-SNUipp, SE-UNSA, SNUDI-FO, Assemblée nationale (question écrite n°14075), Le Journal Toulousain, France Bleu, France 3 Régions, Objectif Gard, Tendance Ouest, CFDT Éducation Normandie.

Données cartographiques : Leaflet + © contributeurs OpenStreetMap.


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