Quand on parle de vin en France, on pense immédiatement aux régions de production : Bordeaux, Bourgogne, Champagne ou vallée du Rhône.
Mais une autre géographie existe, moins connue : celle des régions qui consomment le plus de vin.
Et surprise : elle ne correspond pas toujours aux territoires viticoles.
La première carte qui surprend montre une opposition très nette entre la moitié nord-ouest et le sud-est du pays.
A la lecture de ces deux cartes, on observe une forte consommation dans l’Ouest et le Nord-Ouest, une consommation plus modérée dans le Sud-Est et des niveaux intermédiaires dans les régions centrales
Ce constat peut sembler contre-intuitif : les régions les plus viticoles ne sont pas celles où l’on boit le plus.
Les régions atlantiques figurent systématiquement en tête :
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Bretagne
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Pays de la Loire
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Nouvelle-Aquitaine (partie nord)
Quelles sont les explications :
- Une forte culture des repas conviviaux. En effet, dans l’Ouest de la France le vin accompagne encore très souvent les repas familiaux, les restaurants traditionnels et les repas du week-end.
Ici, le vin reste un produit du quotidien (même si la consommation a baissé depuis les années 1960).
- Moins de concurrence des boissons locales
Contrairement au Sud-Est (pastis) ou au Nord (bière), le vin reste la boisson alcoolisée dominante dans ces territoires.
Le Sud Est : une consommation plus modérée
Autre surprise : la région PACA consomme moins de vin que l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine).
Pourquoi la consommation y est moindre dans ces territoires ?
On peut supposer que la consommation y est plus saisonnière, liée à la forte présence touristique internationale.
On y trouve également une plus grande diversité des boissons (cocktails, bière, rosé d’été) et le vin y est davantage associé au plaisir, à la dégustation et au tourisme plutôt qu’à la consommation quotidienne.
La région parisienne présente un profil particulier. En effet, la consommation y est importante mais moins régulière qu’autrefois et davantage orientée vers la restauration.
On parle ici d’une consommation qualitative :
- vins d’appellation
- dégustation au restaurant
- accords mets et vins
C’est la géographie du vin plaisir, plutôt que du vin quotidien.
La géographie de la consommation est aussi une géographie de l’âge.
Quelques tendances fortes sont à noter :
- Les plus de 60 ans restent les plus grands consommateurs
- Les 18-35 ans boivent beaucoup moins… mais mieux
- Le vin passe d’un produit quotidien à un produit culturel
On passe progressivement du vin alimentaire au vin expérientiel.
Dans les années 1960, un Français buvait en moyenne plus de 100 litres de vin par an. Aujourd’hui, on est autour de 40 litres. Mais la baisse cache une transformation majeure : moins de volume c'est plus de qualité, plus de moments festifs.
En somme, la France n’arrête pas de boire du vin. Non, elle change simplement sa manière d’en boire
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