En avril 2025, le gouvernement français a présenté son Pacte de lutte contre les déserts médicaux. Au cœur de ce plan, une carte officielle identifie pour la première fois les « zones rouges », territoires jugés prioritaires pour faire face au manque criant de médecins généralistes.
Aujourd’hui, près de 87 % du territoire national est classé en situation de fragilité médicale. Cette réalité ne se limite plus aux zones rurales : certaines villes moyennes et même des périphéries urbaines peinent à garantir un accès rapide à un médecin de proximité.
Pour enrayer cette dynamique, l’État a établi une cartographie des 151 intercommunalités les plus touchées, baptisées « zones rouges ». Ces territoires couvrent environ 2 à 2,5 millions d’habitants et s’étendent de la « diagonale du vide » (centre, sud-ouest, est de la France) jusqu’à l’outre-mer, notamment en Guyane et à Mayotte.
La nouveauté du pacte repose sur un mécanisme de solidarité nationale :
Dès septembre 2025, chaque zone rouge recevra le renfort de médecins généralistes volontaires, envoyés depuis des territoires mieux dotés. Ces praticiens assureront des consultations jusqu’à deux jours par mois, en complément de leur activité habituelle.
L’objectif est de soulager rapidement les habitants et de réduire les délais de rendez-vous, parfois supérieurs à trois mois dans certaines régions.
La carte gouvernementale illustre clairement la répartition de ces zones. Elle met en évidence :
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La forte concentration de déserts médicaux dans la diagonale centre-sud-ouest ;
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Des difficultés persistantes dans les territoires ultramarins ;
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Des poches de tension dans certaines périphéries urbaines.
Cliquez sur la carte pour visiter le site officiel du ministère
Un premier pas… mais insuffisant ?
Si cette cartographie marque une avancée en termes de transparence et d’action ciblée, plusieurs acteurs soulignent ses limites :
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Le dispositif ne concerne qu’une partie des territoires en difficulté ;
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La mesure reste temporaire et repose sur le volontariat des médecins ;
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Le problème de fond – la formation et l’installation durable de nouveaux praticiens – demeure entier.
Avec cette carte des zones rouges, le gouvernement veut frapper fort et répondre à une attente croissante des Français : celle d’un accès égalitaire aux soins. Reste à savoir si ces renforts ponctuels suffiront à inverser la tendance, ou s’il faudra aller plus loin, notamment sur la formation et l’attractivité des carrières médicales.
Pour une analyse plus fine, cet atlas réalisé en 2021 et hébergé par Articque, permet de visualiser la densité des médecins généralistes, dentistes et professionnels de rééducation par département. Il offre un autre type d’exploration cartographique, permettant de repérer les zones de désertification selon la densité des praticiens sur le territoire.
Cet outil permet de visualiser les ressources hospitalières, les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT), ainsi que des données socio-démographiques, à différentes échelles (régionale, départementale, communale). Il permet notamment de repérer les zones où la couverture hospitalière est insuffisante.
Elle permet aux visiteurs de vérifier, depuis leur commune, l’accès aux soins (généralistes et spécialistes) en tenant compte à la fois des distances et des dépassements d’honoraires. Une fonctionnalité supplémentaire permet également d’interpeller directement les parlementaires pour favoriser des actions politiques en faveur d’un accès plus équitable aux soins.
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