Les cartes du climat qui montrent à quoi ressemblera vraiment le territoire en 2050
À quoi ressemblera la France en 2050 ?
Les modèles climatiques ne se lisent pas seulement dans des rapports scientifiques : ils prennent tout leur sens lorsqu’ils sont cartographiés.
Températures, précipitations, sécheresses, montée des eaux…
Les cartes prospectives dessinent déjà les contours d’un territoire déjà en pleine mutation.
Les projections climatiques reposent sur différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.
Mais des moyennes nationales ne suffisent pas à comprendre les impacts concrets.
En effet, une carte permet de visualiser les contrastes régionaux, les zones les plus exposées mais aussi les territoires potentiellement plus résilients.
En matière climatique, la géographie change tout.
Les projections montrent globalement une hausse des températures sur l’ensemble du territoire, des étés particulièrement plus chauds dans le sud et le centre, des vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues !
Certaines régions pourraient connaître en 2050 un climat comparable à celui que l’on observe aujourd’hui plusieurs centaines de kilomètres plus au sud. Mais même si la France se réchauffe, celà ne se fait pas uniformément. En effet, les reliefs, la proximité maritime et l’urbanisation jouent un rôle majeur.
Les cartes des précipitations et du stress hydrique (déjà publiées sur ce blog) révèlent un phénomène majeur : diminution des pluies estivales, sécheresses plus fréquentes et tensions accrues sur les ressources en eau.
Les impacts concernent :
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l’agriculture
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la gestion des barrages
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l’alimentation en eau potable
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les écosystèmes naturels
Le sud-ouest et le pourtour méditerranéen apparaissent particulièrement exposés.
Visualisez l'évolution des sécheresses sur la carte dyamique ci-dessous (choix de la période 2030-2040 ou 2050-2060 ou 2080-2090 pour voir l'évolution dans le temps)
Cliquez ici pour voir l'état des nappes souterraines
Les cartes prospectives du niveau marin montrent des zones sensibles : des espaces comme les estuaires, les zones basses atlantiques, la camargue ou certaines portions du littoral nord.
Dans ces zones, même une élévation modérée peut entraîner des submersions temporaires, des érosions accrues ou une pression sur l’urbanisation côtière.
La carte rend visible ce qui, à l’échelle humaine, semble encore abstrait. Cliquez ci-dessous :
Ci dessous un lien vers une application carto-Web des dynamiques côtières sur le nord de la France (Normandie et Hauts-de-France)
Application cartographique du Réseau d'Observation du Littoral Normandie Hauts-de-France
En croisant projections climatiques et densité urbaine, une autre carte apparaît : celle des îlots de chaleur urbains.
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Les grandes métropoles concentrent les risques
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Le béton amplifie les températures
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Les nuits deviennent moins fraîches
Ici la cartographie permet d’identifier les quartiers prioritaires pour la végétalisation et l’adaptation urbaine.
Exemple sur Paris :
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Bordeaux
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Lille
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Lyon
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Marseille
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Montpellier
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Nantes
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Nice
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Rennes
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Rouen
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Strasbourg
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Toulon
- Carte des îlots de chaleur pour la métropole de Toulouse
Les cartes climatiques laissent entrevoir un déplacement des zones viticoles vers le nord, une modification des cultures traditionnelles, une adaptation nécessaire des pratiques agricoles.
La France agricole de 2050 ne ressemblera plus à celle que l’on connaît aujourd’hui.
Sur l'exemple ci-dessous, nous observons deux cartes de la France métropolitaine qui comparent le potentiel de production économique de la variété d'abricot Bergeron entre les périodes 2000-2020 et 2040-2060, sans irrigation, selon le scénario climatique RCP 8.5 correspondant à un réchauffement climatique important. Ce potentiel de production économique exprime le taux de réussite du développement de cette variété comme culture principale. Ainsi, les zones vertes sur la carte correspondent à un potentiel supérieur à 70 %, indiquant la viabilité économique de la variété. À l'inverse, les zones jaunes et rouges indiquent que son développement comme culture principale n'est pas rentable. Les cartes montrent que le potentiel de l'abricot Bergeron diminue dans le sud et se déplace progressivement vers le nord d'ici 2040-2060, notamment vers le nord de la vallée du Rhône et la région Pays de la Loire.
La France de 2050 ne sera pas uniforme. Certaines régions devront s’adapter fortement, d’autres pourraient devenir plus attractives. Attention tout de même, ces cartes ne sont pas non plus des prophéties, elles sont juste des outils pour comprendre, anticiper et agir. Et comme toujours, c’est par la cartographie que les transformations deviennent lisibles.
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👉 La France face à la sécheresse : les territoires les plus menacés (épisode 5 – à venir)
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